INFILTREA

Toute l'actualité sur le logiciel Infiltrea et sur l'infiltrométrie

Retour sur la 2ème rencontre nationale des opérateurs de mesures autorisés du salon Batimat — novembre 29, 2013

Retour sur la 2ème rencontre nationale des opérateurs de mesures autorisés du salon Batimat

Le salon Batimat s’est tenu pendant toute une semaine début novembre à Paris. Les mesureurs en étanchéité à l’air étaient conviés le jeudi 7 novembre à une après-midi de conférences qui leur était consacrée. L’occasion pour un certain nombre d’acteurs importants du secteur de dévoiler les sujets du moment. L’équipe Infiltrea était présente lors de cet événement et vous en livre les principales informations.

État des lieux de la perméabilité à l’air des bâtiments

Une présentation du CETE de Lyon a donné quelques informations sur l’état du secteur.

Chaque année, le ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie collecte les principales informations relatives aux mesures réalisées via le registre des opérations, que doivent leur transmettre tous les mesureurs. L’objectif principal étant de surveiller l’évolution de la perméabilité à l’air de l’enveloppe.

Les 31 000 mesures collectées jusqu’à présent nous permettent de tirer certains enseignements :

  • On constate des inégalités géographiques importantes en nombre de mesures réalisées : de quelques centaines (Limousin, Bourgogne, Champagne-Ardenne) à plusieurs milliers (Pays de la Loire, Rhône-Alpes, Bretagne) en fonction des régions.
  • La grande majorité des bâtiments mesurés sont neufs : moins de 2 000 ont été construits avant 2010.
  • Sans surprise, la perméabilité à l’air moyenne mesurée est meilleure pour les bâtiments plus récents (Q4Pa-Surf de 2,5m3/h.m² pour les bâtiments résidentiels et de 3,4 pour les bâtiments résidentiels pour les constructions datant d’avant 1950, puis un plateau aux alentours de 1,6 entre 1950 et 2000 en enfin une baisse notable vers 0,6 pour les bâtiments résidentiels et 1 pour les bâtiments non résidentiels depuis 2010).
  • La part des logements collectifs mesurés augmente sans cesse,
  • La perméabilité est légèrement meilleure en moyenne pour les constructions résidentielles en béton cellulaire, bois et brique que pour les constructions résidentielles en pierre, en combinaison de bois et de béton et en combinaison d’acier et de béton. Pour les constructions non-résidentielles, il s’agit de celles en Bois et en une combinaison de Bois et de Béton qui sont en moyenne les plus performantes.
  • 90% des maisons individuelles mesurées visant le label BBC-Effinergie contre 50% de celle ne visant aucun label respectent les exigences de la RT2012 (Q4Pa-Surf < 0,6).

Responsabilité et Assurance

Le métier de mesureur de la perméabilité à l’air est un métier récent, par conséquent le recul n’est pas suffisant pour permettre de connaître avec précision les risques encourus en cas de litige sur le résultat d’une mesure.

Néanmoins, il est clair qu’une responsabilité peut être engagée, et que dans le cas où une autre mesure invalide celle qu’un mesureur a réalisée par le passé, il est plus prudent d’avoir alors en sa possession le maximum d’éléments justifiant la bonne application de la procédure et la conformité du matériel.

La conservation des documents : photographies, rapports, éléments de configuration et certificats de calibration devrait idéalement être assurée pour une durée de 10 ans.

Protection incendie

Un expert en Installation d’Extinction Automatique à Gaz (IEAG) a présenté l’opportunité de diversification que représente le test d’étanchéité à l’air de salles protégées contre l’incendie par une IEAG.

En effet, les gestionnaires de ces salles doivent garantir que le gaz lâché dans la salle en cas d’incendie restera présent suffisamment longtemps.

Un test d’étanchéité est donc nécessaire, mais suivant une norme et une procédure différentes de celles du test d’étanchéité de l’enveloppe des bâtiments.

Réseaux aérauliques

La démarche qualité VIA Qualité :

Un groupement d’acteurs comprenant notamment le CETE et le bureau d’études Allie’air travaillent à la mise en place d’une démarche qualité pour les systèmes de ventilation sur le modèle de l’annexe VII de la RT2012 pour l’étanchéité à l’air de l’enveloppe.

Cette démarche a pour ambition de permettre d’améliorer les performances des systèmes de ventilation afin de limiter les sources internes de pollution de l’air tout en garantissant la qualité de l’étanchéité à l’air des bâtiments, il est prévu qu’elle soit préparée en 2014 et mise en pratique fin 2015.

La qualification:

Aujourd’hui, pour être autorisé à réaliser des mesures de réseaux aérauliques dans le cadre du protocole Effinergie, il n’est pas nécessaire d’avoir de qualification spécifique, même s’il est possible de se former auprès de l’un des centres de formation agréés Effinergie.

Mais cela va certainement rapidement changer, puisque Qualibat met en place début 2014 une qualification « 8721 » pour l’étanchéité à l’air des réseaux aérauliques. Cette qualification s’adressera aux opérateurs souhaitant se positionner sur ce secteur en plein développement.

Informations de connaissances générales sur leur secteur, éclairage sur les nouveautés, les diversifications possibles et prévention : cette après-midi de conférences aura été particulièrement enrichissante pour les mesureurs.

Au fur et à mesure que le secteur d’activité prouve son efficacité sur les performances en perméabilité à l’air des bâtiments et qu’il peut s’appuyer sur des outils de plus en plus performants, il se structure davantage et se diversifie, offrant de nouvelles opportunités.

Les nouveaux labels Effinergie, une nouvelle fois moteur dans le domaine de l’étanchéité à l’air — octobre 22, 2013

Les nouveaux labels Effinergie, une nouvelle fois moteur dans le domaine de l’étanchéité à l’air

Le label BBC-Effinergie, défini en 2007, a été élaboré en vue d’être plus ambitieux que la RT2005 en vigueur à l’époque. Ainsi, il intègre l’obligation de réaliser une mesure de perméabilité à l’air pour tout logement souhaitant l’obtenir. Ce label a rencontré un franc succès puisque 234 000 bâtiments sont aujourd’hui certifiés.

label effinergie diagnostic immobilier
Six ans plus tard la RT2012 entre en vigueur et reprend à son compte cette règle, généralisant la mise en œuvre des tests d’étanchéité à l’air.

Bénéficiant de l’expérience apportée par les logements BBC Effinergie, l’écosystème nécessaire à ce bouleversement put se mettre en place sur la base de normes, de protocoles, de matériels et de savoir-faire préexistants. Les constructeurs ont appris à apporter un soin de plus en plus grand à la perméabilité de l’enveloppe, et les ouvriers et artisans se sont formés aux bonnes pratiques afin d’atteindre le niveau d’exigence requis.

L’association Effinergie ne s’est pas contentée de ce succès, et a travaillé à la mise en place de nouveaux labels plus ambitieux que les précédents : il s’agit des labels Effinergie+ et BEPOS-Effinergie (Bâtiment à Energie POSitive), lancés en 2012.

La première maison certifiée Effinergie+ a été inaugurée le 3 octobre 2013.

Les exigences supplémentaires des labels Effinergie + et BEPOS-Effinergie

Outre des contraintes plus fortes en termes de consommation d’énergie et de besoin bioclimatique, ces labels introduisent pour la première fois des obligations concernant l’étanchéité des réseaux aérauliques, qui viennent compléter les contraintes existantes sur l’étanchéité de l’enveloppe.

Une étude montre qu’en France le débit de fuite moyen des réseaux de ventilation représente 20% du débit nominal, ce qui engendre une surconsommation énergétique et/ou une mauvaise qualité de l’air intérieur.

Pour obtenir l’un de ces nouveaux labels, il faut apporter la preuve que le débit de fuite ne dépasse pas 6%.

Pour cela, le test de perméabilité du réseau est obligatoire, et doit s’effectuer selon le protocole défini par Effinergie. Celui-ci comporte trois étapes principales:

  • Le contrôle visuel des systèmes
  • La mesure de l’étanchéité à l’air du réseau    
  • Le contrôle des débits de ventilation (optionnel)

Ces labels apportent également quelques améliorations concernant l’étanchéité de l’enveloppe :

  • L’exigence pour les logements collectifs passe de 1 m3/h.m² à 0,8 m3/h.m² en cas de mesure par échantillonnage,
  • Les entreprises intervenant sur un chantier de maison individuelle doivent avoir suivi une formation pratique à la mise en œuvre de l’étanchéité à l’air par l’une des formations agréées Effinergie.

Un label d’État THPE aligné sur le label Effinergie+?

Un communiqué de presse émis par le ministère de l’Égalité des territoires et du Logement en novembre 2012 annonce la création prochaine des nouveaux labels d’État HPE et THPE, et indique une convergence entre le futur label THPE et le label Effinergie+.

Tout porte donc à croire que la mesure des réseaux aérauliques et l’obligation d’atteindre la classe A (moins de 6% de fuites) se retrouveront également dans le label THPE, et selon toute logique dans la lointaine RT2020.

La mesure de perméabilité à l’air des réseaux aérauliques sera alors sous l’impulsion d’Effinergie devenue aussi incontournable que la mesure de perméabilité à l’air de l’enveloppe, pour le plus grand bénéfice de l’efficacité énergétique des bâtiments.

Interview métier : du diagnostic immobilier à l’infiltrométrie — octobre 1, 2013

Interview métier : du diagnostic immobilier à l’infiltrométrie

Sylvain Quin est un nouveau venu dans le monde de l’infiltrométrie puisqu’il a obtenu sa certification de mesureur au début de ce mois de septembre. Il a accepté de partager avec nous son expérience.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Après 20 années passées dans le négoce de matériaux de construction, la vie et surtout la crise m’ont obligé à réorienter ma vie professionnelle.

Etant depuis toujours passionné par l’habitat et la construction, j’ai suivi fin 2011 une formation de diagnostiqueur immobilier et passé mes certifications.

L’an dernier, j’ai créé ma SARL et commencé mon activité professionnelle par le diagnostic immobilier.

Qu’est-ce qui vous a attiré vers le domaine de l’infiltrométrie ?

C’est en suivant mes formations de diagnostiqueur, lors d’une présentation des différents métiers liés à la RT 2012, que j’ai découvert l’infiltrométrie.

Je ne sais pas si on peut parler de ‘’coup de foudre’’ pour un métier, mais ça a été de cet ordre-là.

C’est un métier à part dans le bâtiment, métier qui nécessite beaucoup de rigueur, pour ne pas dire de la minutie. Si la partie ‘’contrôle’’ est importante, toute la phase ‘’conseils’’ découlant de la recherche des fuites d’air est très intéressante à réaliser.

La perméabilité à l’air est une notion toute récente dans la conception des habitations.

Si les métiers en amont du bâtiment (bureau d’études, architectes…) l’ont assimilé avec le haut de la RT 2005, la RT 2012 commence seulement à prendre forme sur les chantiers. Il y a donc encore beaucoup à faire dans l’accompagnement des différents corps de métiers (tant qu’on entendra sur les chantiers, la phrase historique : ‘’il faut qu’une maison ça respire’’ il y aura du pain sur la planche).

C’est cette rigueur d’un côté et cette pédagogie de l’autre qui me réjouissent dans l’accomplissement de ce nouveau métier.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours vers la certification ?

Un parcours, oui mais… du combattant !

Ma formation effectuée et validée, je pensais pouvoir me consacrer immédiatement à mon dossier QUALIBAT. Belle utopie !

J’ai rentré à l’époque quelques belles commandes de diagnostics qui ont repoussé d’autant ma disponibilité pour l’infiltrométrie. Après, le temps de trouver des chantiers à mesurer, de se remettre dans le bain, de maîtriser les rapports, les semaines, les mois passent et vous avez l’impression de faire du surplace.

Quelque part une torture psychologique à vivre quand on n’a qu’une seule chose en tête, du matin au soir : le dossier de mesureur QUALIBAT !

Mais certains moments sont formidables dans la vie : merci à tous les gens qui m’ont donné un coup de pouce au bon moment (formateur, collègues mesureurs, constructeurs, éditeur de logiciel…).

Depuis le début j’ai opté pour l’utilisation du logiciel Infiltrea et j’ai toujours bénéficié d’un accompagnement sans faille de la part des informaticiens.

Toute cette aventure, car c’en est une, restera un grand moment de ma vie professionnelle.

Aujourd’hui, quels sont vos projets ?

Dans l’immédiat, savourer ma qualification de mesureur. Et tout de suite après, réaliser le plus de tests d’infiltrométrie possibles !

Pour cela développer ma clientèle et déjà, repenser à demain : les réseaux aérauliques.

Les réglementations évoluent, les performances s’améliorent, je vais essayer d’avancer avec elles.

8ème salon international de l’étanchéité à l’air BUILDAIR-Symposium —

8ème salon international de l’étanchéité à l’air BUILDAIR-Symposium

Le 8ème salon international BUILDAIR-Symposium a eu lieu les 7 et 8 juin 2013 derniers à Hanovre en Allemagne (voir notre article du 25 avril). Antoine Mischler et Christophe Dufour, fondateurs de dooApp – société éditrice du logiciel Infiltrea – ont assisté à ce symposium.

image

Quelles sont les raisons de votre présence au buildair Symposium à Hanovre?

Antoine Mischler : Cet événement est le plus important au niveau européen sur le thème de l’étanchéité à l’air. Lorsque l’on est un professionnel du secteur comme nous, il est primordial d’échanger sur les pratiques au niveau européen et leurs évolutions. Il en va de même pour se tenir informé des changements dans les réglementations. Et comme le secteur est en plein développement, cela bouge très vite…

Christophe Dufour : Nous pouvions également y rencontrer les principaux acteurs européens de l’infiltrométrie.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué au cours de ces deux jours?

AM : Déjà lors de l’introduction, la présentation d’ouverture nous a permis de réaliser le chemin parcouru par l’infiltrométrie en 20 ans. La suite nous a fait mesurer le chemin qu’il reste encore à parcourir.

J’ai beaucoup apprécié la variété et la richesse des interventions et les nombreux conseils pratiques donnés par les intervenants. Nous avons par exemple eu un retour d’expérience d’un mesureur Danois qui propose des solutions pour tester des bâtiments tertiaires de très gros volumes pendant leur construction afin d’avoir en cours de chantier déjà une estimation de leur étanchéité finale.

J’ai également été très intéressé par une étude menée par un chercheur Suisse sur la question de la durabilité de l’étanchéité à l’air et qui a dans ce cadre re-mesuré un ensemble de 25 bâtiments Minergie-P construits depuis 2003. Ce sujet a d’ailleurs trouvé écho lors d’une présentation d’un syndicat professionnel allemand sur le travail de standardisation de la durabilité des bandes adhésives utilisées pour l’étanchéité à l’air

CD : On a aussi pu apprécier les retours d’expériences sur le sujet d’étanchéité à l’air dans la rénovation, avec des cas concrets de mise en application.

Quelles sont les principales évolutions à attendre pour le secteur au regard des conférences auxquelles vous avez assistés?

AM : Des évolutions techniques sur le matériel ont été particulièrement évoquées, dont la possibilité de se connecter aux principales gauges en WIFI. Nous avons également senti qu’un mouvement de convergence des pratiques européennes était en marche, par exemple concernant la préparation des bâtiments.

CD : La mesure d’étanchéité des réseaux aérauliques, sujet d’actualité en France avec le nouveau label Effinergie+, semble intéresser également les autres pays européens.

Interview métier : un mesureur de perméabilité à l’air des bâtiments témoigne —

Interview métier : un mesureur de perméabilité à l’air des bâtiments témoigne

Christophe Guyot est le fondateur d’Econobat, entreprise indépendante implantée au coeur de la Picardie. Il a accepté de nous parler de son activité et de partager sa vision du secteur de la perméabilité à l’air.

Bonjour M. GUYOT, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

“Issu, à l’origine, du monde de l’informatique et plus globalement de l’architecture du système d’information, ma passion pour l’énergie et le climat m’a naturellement guidé vers une activité utile dans le domaine environnemental, au travers de l’entreprise Econobat, créée en janvier 2011.”

Quel est votre activité, plus précisément ?

“Étant certifié Qualibat 8711, l’entreprise réalise principalement les mesures de perméabilité à l’air de l’enveloppe des bâtiments, sur le parc résidentiel, avec également un important développement sur les projets en tertiaire pouvant atteindre plusieurs milliers de m² (l’entreprise dispose actuellement de 7 ventilateurs, soit une capacité de + de 52000m²/h).

De plus, nous proposons des services d’inspection thermographique par caméra infrarouge et la mesure des débits des systèmes de ventilation.”

Depuis combien de temps êtes-vous mesureur d’étanchéité à l’air ?

“Depuis le début de l’activité en 2011, je réalise les mesures de perméabilité à l’air avec la certification Qualibat 8711 (obtenue en septembre 2011).”

Quels types de client s’adressent à vous ?

“Le champs est large. Cela va du client particulier, en passant par les architectes, les partenaires comme les bureaux d’études thermique, les entreprises de construction et entreprises générales, ainsi que les collectivités locales et les aménageurs sociaux.”

Pouvez-vous nous décrire votre journée-type ?

“Préalablement, il faut s’assurer de la compatibilité des conditions météorologiques afin qu’elles soient favorables au bon déroulement des mesures.

Sur site, la préparation du bâtiment et les mesures sont généralement réalisées le matin, lorsque cela est possible, incluant la recherche des zones de fuites et leurs niveaux d’importance. C’est le moment aussi de transmettre et d’échanger avec les corps d’état présents sur le terrain afin de les sensibiliser sur les problématiques de l’étanchéité à l’air, si nécessaire. Le reste de la journée est principalement consacrée à la partie rédactionnelle et administrative.”

Comment évaluez-vous les évolutions du métier depuis le démarrage de votre activité ?

“La prise de conscience des acteurs de la construction ou rénovation, concernant les problématiques d’étanchéité à l’air, nous amène à intervenir et conseiller de plus en plus tôt dans le processus d’un projet. Auparavant, nous étions seulement sollicité pour effectuer la mesure de perméabilité à l’air ; aujourd’hui, nous réalisons des sessions de sensibilisation pendant le premier œuvre et sommes parfois consulté dès la phase de conception.”

Quels sont vos projets ?

“Prochainement, l’entreprise proposera les mesures de perméabilité à l’air des réseaux aérauliques (prévues pour Effinergie +, THQE, Bepos, etc.) ainsi que la détection de la pollution électromagnétique/radiofréquence.”

D’après vous les différents acteurs se sont-ils suffisamment bien préparés au passage à la RT2012 ?

“La perméabilité à l’air des bâtiment ne fait pas encore l’unanimité et est parfois considérée comme une contrainte, comme la nouvelle réglementation thermique 2012. Néanmoins, de grands pas ont été franchis et la bonne direction est prise pour réaliser des bâtiments moins énergivore, plus intelligent et parfois communiquant. Les acteurs de la construction/rénovation prennent peu à peu conscience des enjeux de l’énergie, des évolutions de la réglementation thermique, ainsi que les nouveaux labels. Il s’agit de l’affaire de tous.”

8ème salon international de l’étanchéité à l’air BUILDAIR-Symposium — mai 22, 2013

8ème salon international de l’étanchéité à l’air BUILDAIR-Symposium

Le 8ème salon international BUILDAIR-Symposium ouvrira ses portes les 7 et 8 juin 2013 à Hanovre en Allemagne. Il célèbrera à cette occasion ses 20 ans, puisque la première édition eut lieu en 1993.

20 ans de conférences sur l’étanchéité à l’air

L’importance de l’étanchéité à l’air des bâtiments dans le domaine de la construction fut très tôt reconnue en Allemagne.

En 1993, alors que le test d’étanchéité à l’air « Blower Door Test », créé depuis un peu plus d’une dizaine d’année, prenait son essor, les professionnels allemands du secteur –une cinquantaine de fournisseurs de services de mesures à l’époque- prirent conscience de de la nécessité d’organiser des échanges d’expérience réguliers.

Ils créèrent donc cet événement d’envergure internationale.

Le domaine est en perpétuelle évolution : son développement et son champ d’application toujours plus large justifient plus que jamais aujourd’hui la poursuite d’échanges et de retours d’expérience.

L’organisateur

L’organisateur de cette 8ème session est e.u.[z] (energie + unwelt zentrum), un centre de compétence fondé en 1981 spécialisé en efficacité énergétique, énergies renouvelables et bâtiment durable .

Il exerce une double activité : d’une part il dispense des formations dans ces domaines et d’autre part il accueille plusieurs entreprises spécialisées, dont la société experte du test d’étanchéité à l’air BlowerDoor.

Le programme

Le programme se compose de sept sessions de conférence sur deux jours.

Après une présentation du développement et des perspectives de l’étanchéité à l’air au niveau européen, un éclairage particulier sera apporté sur l’évaluation de l’impact de l’étanchéité à l’air sur les besoins énergétiques des logements équipés de système de ventilation mécanique par Fabrice Richieri du CETE du Sud-Ouest de la France.

Puis les thématiques suivantes seront évoquées:

  • La réglementation :

  • Examen des questions posées par la réglementation en termes d’étanchéité à l’air dans le secteur de la construction,

  • Lois et réglementation concernant la ventilation.

  • La qualité :

    • La question de la durabilité de la qualité apportée par les tests de perméabilité à l’air sera posée,

    • La place de la thermographie dans l’assurance qualité pendant la construction.

  • Les nouveaux produits et systèmes :

  • Présentation de nouveaux produits par BlowerDoor et de systèmes de ventilation basés sur la demande par la société Aereco.

  • Présentation d’un nouveau système de contrôle de la ventilation en vue de prévenir les problèmes d’humidité

  • Présentation du fonctionnement de ventilateurs intégrés aux fenêtres.

  • Examen de différentes phases du test :

  • Préparation du bâtiment selon de nouveaux standards allemands,

  • Expérimentation de différentes méthodes de test pour les grands bâtiments,

  • Evaluation des fuites.

On y abordera également l’amélioration de l’étanchéité à l’air des bâtiments anciens, notamment par la rénovation des toits par l’extérieur.

On examinera l’étanchéité d’un logement collectif passif, et différents posters seront présentés.

Informations pratiques

Bien que les intervenants soient en majorité germanophones, les conférences sont traduites en présentées en temps réel en allemand et en anglais.

L’inscription à cet événement est payante et doit s’effectuer au plus tard le 31 mai. Davantage d’informations sont disponibles dans cette plaquette de présentation: http://www.buildair.eu/images/stories/8EBDS_en4s.pdf

De nouveaux labels indifférents à la perméabilité à l’air ? — novembre 21, 2012

De nouveaux labels indifférents à la perméabilité à l’air ?

La mise en place de nouveaux labels permettant de certifier les constructions plus performantes que ce qui est requis par la RT2012 est en cours d’étude. Néanmoins, en l’état actuel, le projet fait polémique en raison d’objectifs de performance énergétique jugés trop peu ambitieux et surtout de l’absence de nouvelles contraintes en termes de perméabilité à l’air…

AU-DELA DU BBC, MISE EN PLACE DE NOUVEAUX LABELS

image
Le label BBC devenant obligatoire dans le cadre de la RT2012, il ne permet plus de distinguer une nouvelle construction performante d’une autre qui le serait moins. Il demeure toutefois nécessaire de disposer d’un moyen de la reconnaître et de la valoriser en tant que pionnière des exigences réglementaires qui seront élaborées à l’avenir.

Pour cela de nouveaux labels d’État sont en cours d’élaboration : les labels HPE (Haute Performance Énergétique) et THPE(Très Haute Performance Énergétique) sont actuellement en cours de redéfinition, de manière à aller plus loin que le label BBC.

Le label HPE nécessiterait comme précédemment une performance énergétique supérieure de 10% à la réglementation (45 kWhep/m²/an au lieu de 50 kWhep/m²/an). Elle doit être supérieure de 20% en ce qui concerne le label THPE.

Cette solution ne satisfait pas tout le monde, à l’image de l’association Effinergie, à l’origine du label BBC, qui juge le label HPE peu ambitieux, et trop peu distinct de la RT2012. Il est vrai que l’écart des objectifs de performance énergétique par rapport à la RT2012 semble trop faible pour représenter une véritable avancée.

Néanmoins, c’est dans le domaine de la perméabilité à l’air que ces projets de label sont le plus contestables.

ABSENCE DE NOUVEAUX OBJECTIFS DE PERMEABILITE A L’AIR

C’est en effet l’absence de nouveaux objectifs en terme d’étanchéité à l’air qui saute aux yeux, puisqu’à ce jour, ce qui est prévu pour les labels HPE et THPE est ni plus ni moins de conserver les mêmes objectifs que ceux de la RT2012, soit un débit de fuite de 0,6 m³/h/m² maximum sous 4 pascals…

Ce manque d’ambition est d’autant plus injustifié que l’étude menée récemment par l’Observatoire des bâtiments basse consommation sur un panel de 2 400 maisons individuelles BBC montre que les constructions BBC présentent dès aujourd’hui une moyenne de 0,4 m³/h/m² sous 4 pascals. On pourrait donc imaginer qu’un label dont le rôle est de témoigner d’une performance supérieure au label BBC garantisse une perméabilité au moins supérieure à la moyenne… Cette requête, c’est à dire la mise en place d’un maximum de 0,4 m³/h/m² sous 4 pascals à respecter pour obtenir ces labels, a été exprimée par Effinergie.

Il est prévu que la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages, en charge de l’élaboration de ces labels en lien avec les ministères du Logement et l’Écologie, arrête la définition de ces nouveaux labels courant novembre : nous saurons alors si la question de la perméabilité à l’air a été réétudiée…

Conformité des tests d’étanchéité à l’air : les écueils à éviter — novembre 16, 2012

Conformité des tests d’étanchéité à l’air : les écueils à éviter

L’entrée en vigueur de l’obligation de réaliser un test d’étanchéité à l’air avant chaque livraison de bâtiment neuf à partir de janvier 2013 rend nécessaire la formation de nombreux nouveaux mesureurs.

Afin d’obtenir leur certification, ces derniers doivent réaliser des essais dont les rapports sont vérifiés par l’organisme de certification Qualibat. De même, des mesureurs déjà certifiés peuvent également voir leurs rapports contrôlés.

Un certain nombre de pièges doivent être évités pour que ceux-ci soient jugés conformes à la norme NF EN 13829 et au guide d’application GA P50-784, en voici une liste non-exhaustive.

PHASE DE PREPARATION DU TEST

Tout d’abord les conditions environnementales dans lesquelles le test est réalisé sont très importantes :

  • D’une part, un vent trop violent est perturbateur pour les mesures, sa vitesse doit donc être inférieure à 6 m/s ou 3 sur l’échelle de Beaufort.
  • D’autre part, la  différence de température de l’air entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment doit être limitée selon une formule qui dépend de la hauteur de l’enveloppe du bâtiment (la différence de température en kelvins multipliée par la hauteur en mètres devant être inférieur à 500).

Le bâtiment doit être préparé de façon à respecter les modalités de conditionnement prévues par la méthode retenue, A ou B. L’ensemble des points listés par ces méthodes (comme la fermeture ou obturation de divers orifices) doit être mis en œuvre avant le test et validé dans le rapport final.

AU COURS DU TEST

Les tests à débit nul (ventilateur à l’arrêt) qui ont lieu au début (pré-statique) et à la fin (post-statique) de l’essai permettent de valider la stabilité des mesures, et notamment la présence ou non d’éléments perturbateurs tels que des coups de vent sur l’appareil de mesure. C’est pour cela qu’un calcul est à réaliser à partir de la série de mesures effectuée.

Les moyennes positives et négatives des différences de pression mesurées ne doivent pas excéder 5 Pa, et cela pour les tests pré-statique (Δp01+ Δp01-) et post-statique (Δp02+, Δp02-).

Lors du test principal avec mise en pression ou dépression du bâtiment :

  • le premier palier de pression cible doit être égal à 10 Pa ou bien à 5 fois la plus grande des moyennes positive et négative des différences de pression des tests pré et post statiques (Δp0) si elle est supérieure à 2 Pa,
  • l’un des points mesurés doit au moins être égal à 50 Pa,
  • l’essai doit comprendre au moins 5 paliers de pression, à peu près équidistants,
  • les points mesurés doivent être suffisamment proches des paliers de pression cibles (au maximum plus ou moins 3 Pa),
  • enfin, les essais dont le résultat présente au final une incertitude supérieure à 15 % ne peuvent être retenus.

LA REDACTION DU RAPPORT

Outre le fait que de nombreuses informations relatives au bâtiment et à l’essai doivent être bien présentes dans le rapport pour qu’il soit conforme, les non-respects des critères de la norme doivent être justifiés par une incapacité particulière à les respecter.

Afin de réaliser l’ensemble des étapes sans oubli gênant, l’idéal est de réaliser son test et de rédiger son rapport en utilisant un logiciel qui intègre un système d’alerte automatique en cas de non-respect de l’un des critères obligatoires. Cela permet la plupart du temps d’y apporter une réponse immédiate et adaptée.

Etanchéité à l’air : du BBC à la RT2012, sommes-nous prêts ? — septembre 18, 2012

Etanchéité à l’air : du BBC à la RT2012, sommes-nous prêts ?

Alors que la Réglementation Thermique 2012 généralise la démarche BBC à partir du 1er janvier 2013, et que son efficacité sur la performance de la perméabilité à l’air des bâtiments construits est aujourd’hui démontrée, y aura-t-il suffisamment de mesureurs certifiés pour répondre aux besoins ?

Un label BBC efficace

D’après une étude Effinergie-Observatoire BBC, l’étanchéité à l’air des bâtiments est nettement améliorée par la mise en œuvre du label BBC : en comparant les résultats obtenus sur un ensemble de 2461 maisons individuelles certifiées avec ceux obtenus sur 1792 maisons individuelles, on obtient un gain de performance de 41% en moyenne pour le BBC (0,40 m3/h.m² sous 4 Pa contre 0,68 m3/h.m² sous 4 Pa).

De même, pour les bâtiments collectifs certifiés BBC le gain est de 34% par rapport à la moyenne des bâtiments collectifs testés (0,54 m3/h.m² sous 4 Pa contre 0,86 m3/h.m² sous 4 Pa).

Les choix faits dans le cadre d’une démarche BBC, ainsi que la nécessité d’atteindre un niveau de performance bien défini permettent donc bien d’obtenir des résultats concrets.

De plus, en analysant la perméabilité des maisons certifiées BBC en 2011 et 2012, on observe que la tendance est à une progression rapide des performances obtenues pour un même référentiel : le gain est en effet de +15% en moyenne sur les maisons certifiées en 2012 par rapport à 2011.  

Nous pouvons donc en déduire qu’avec la généralisation des contraintes relatives au label BBC dans le cadre de la mise en application de la RT2012 au 1er janvier 2013, la perméabilité à l’air des nouveaux bâtiments connaîtra une nette amélioration globale, de nature à faciliter l’atteinte des objectifs de réduction de la consommation d’énergie.  

Des mesureurs certifiés peu nombreux dans certaines régions

Néanmoins, la généralisation du test d’étanchéité à l’air sur les bâtiments avant livraison nécessitera un nombre de mesureurs certifiés conséquent : ce sont en effet les seuls à être habilités à le réaliser. Seront-ils suffisamment nombreux lorsque les besoins exploseront ?

D’après le recensement réalisé par Qualibat en mai 2012, la présence des mesureurs certifiés apparait comme inégale : alors que la Bretagne, les pays de la Loire, la région Rhônes-Alpes et dans une moindre mesure la région parisienne sont plutôt bien pourvues, le sud-est, le centre, le nord et le nord-est possèdent très peu de mesureurs.

Qu’en sera-t’il à partir de 2013 ?

Pour savoir si cela est problématique, il est nécessaire de confronter ces effectifs aux nombres de demandes de certifications BBC déposées dans chacune des régions pour les deux prochaines années.

Le déficit apparaît alors clairement dans des régions comme le Nord-Pas de Calais, le Midi-Pyrénées ou le Languedoc-Roussillon, où les maîtres d’œuvre risquent de devoir faire appel à des mesureurs de régions éloignées (ce qui augmenterait sans doute leurs coûts de déplacement), ou à des mesureurs peu expérimentés. Ils pourraient également dans le pire des cas devoir faire face à des délais importants dans l’obtention deleur rapport d’étanchéité.

Certes, Qualibat, organisme qualificateur à la perméabilité à l’air, prévoit qu’en novembre 2012 le nombre d’entreprises qualifiées aura doublé par rapport à novembre 2011 (501 contre 249).

Certes, les mesureurs certifiés sont de plus en plus efficaces, car ils acquièrent de l’expérience et disposent aujourd’hui de moyens tels que des outils logiciels automatisant la prise de mesures sur le terrain, et accompagnant la rédaction du rapport.

Toutefois, l’adéquation entre l’offre et la demande devra rapidement se construire pour éviter des contretemps tel que des retards dans la mise en place des tests d’étanchéité et la fourniture des rapports, ou des analyses post-tests trop superficielles.

Pour en savoir plus :

http://www.effinergie.org/images/BaseDoc/1167/Etude%20sur%20la%20perm%C3%A9abilit%C3%A9.pdf

http://www.observatoirebbc.org/site/ObservatoireBBC/BilanCertification

— août 27, 2012

Infiltrométrie : Pourquoi faut-il se soucier de la calibration de son matériel ?

L’entretien du matériel utilisé pour les tests d’étanchéité à l’air des bâtiments nécessite une calibration régulière réalisée par le fabricant ou par un laboratoire. Cette opération, obligatoire, est d’une importance cruciale pour garantir la fiabilité des résultats…

UN APPAREILLAGE PRECIS NECESSAIRE


La réalisation d’un test d’étanchéité à l’air dans un bâtiment nécessite l’utilisation d’un matériel respectant un certain niveau de qualité en termes de précision.

  • L’équipement de ventilation, permettant de mettre sous pression ou dépression un bâtiment, doit produire un débit d’air constant pour chaque différence de pression pendant le laps de temps nécessaire pour relever le débit de l’air.
  • Le manomètre doit mesurer les différences de pression dans un intervalle de 0 à 100 Pa avec une précision minimum de plus ou moins 2 Pa.
  • Le système de mesure du débit d’air (débitmètre), souvent associé à la ventilation au sein d’une porte soufflante, doit être d’une précision minimum de 7%.
  • Les thermomètres, baromètres, anémomètres, utilisés pour capter les informations environnementales,  doivent avoir respectivement une précision de 1 K, 2 hPa et 0,5 m/s.

 

OBLIGATIONS EN TERMES DE CALIBRATION


Pour chaque test d’étanchéité réalisé, le mesureur doit garantir que ces niveaux de précisions sont atteints, c’est-à-dire que les valeurs relevées ne s’écartent pas des valeurs réelles de plus du maximum toléré. Chaque appareil de mesure doit donc faire l’objet d’un étalonnage périodique. De même, la vitesse de rotation et la stabilité du ventilateur doivent être régulièrement vérifiées.

Les mesures réalisées par le manomètre et le débitmètre ont une importance prépondérante dans le calcul du résultat : la calibration est donc nécessaire à une fréquence annuelle.

Les baromètres, thermomètres et anémomètres doivent quant à eux être calibrés tous les 3 ans au minimum.

Enfin, sauf indication complémentaire du fabricant le ventilateur doit être vérifié au moins tous les 5 ans.

Ces calibrations et vérifications doivent impérativement être réalisées soit par le fabricant du matériel, soit par un organisme externe accrédité COFRAC (Comité Français d’Accréditation), à l’exception du thermomètre qui peut être étalonné en interne.

Un Certificat d’étalonnage faisant référence au protocole utilisé et indiquant la conformité aux exigences fait office de justificatif à joindre aux rapports de tests d’étanchéité.

EXEMPLE DE CALIBRATION D’UNE PORTE SOUFFLANTE


Le débit volumique d’air traversant la porte est un élément prépondérant du calcul du résultat d’un test d’étanchéité à l’air. Il est, pour les portes soufflantes les plus courantes, déterminé à partir de la mesure de la pression à la sortie du ventilateur selon la formule suivante:

débit volumique relevé (m³/h)= C  *  (pression du ventilateur) ^ n

Au fil du temps, la sensibilité du matériel évolue et rend nécessaire la révision dans le cadre de la calibration périodique des facteurs C et n utilisés, pour que le débit volumique relevé demeure fiable.

N’oubliez donc pas de redéfinir dans votre logiciel d’infiltrométrie les paramètres de calibration qui vous sont fournis après chaque calibration de votre matériel.